Si je serais grande - Angelina Delcroix
Deux voisines de 6 ans disparues le même jour.
Une petite fille à l’imagination débordante qui vit dans la peur de déplaire à ses parents.
Des corps d’enfants découverts, et au milieu des cadavres, une survivante.
Pour l’adjudante Joy Morel, enceinte de quatre mois, c’est le début d’une enquête éprouvante aux frontières de l’inimaginable...
Avis : /5
Deux petites filles disparaissent le même jour, sans laisser de traces en 2006. Dix ans plus tard, des cadavres d'enfants viennent d'être découverts. Au milieu des corps, une survivante. S'agirait-il d'une des petites disparues une décennie plus tôt ? L'enquête menée par Joy va la conduire bien au-delà d'un simple enlèvement entre passé violent, traumatismes et secte. Plus les policiers s'approchent de la vérité, plus se révèle un système où le mal semble se transmettre d'une génération à l'autre.
Dès les premières pages, Angelina Delcroix installe un climat oppressant qui ne cesse de s'intensifier au fil des pages. L'intrigue prend la forme d'une hydre : à mesure qu'on pense savoir la vérité, de nouvelles ramifications semblent se glisser partout. L'autrice aborde des thèmes extrêmement sensibles avec beaucoup de sérieux : les violences faites aux enfants et les traumatismes qui en découlent ou encore l'emprise physique et psychologique. Le fait qu’il s’agisse d’un second tome n’est pas réellement un frein à la lecture.
En effet, même si les évènements du tome précédent sont mentionnés, l’autrice parvient à construire une intrigue suffisamment autonome pour être comprise. Certaines scènes sont très graphiques et sanglantes, et j'ai trouvé que le thème du trouble dissociatif de l'identité était bien traité même si maladroit par moments. Cependant, l'intrigue m'a semblée parfois trop ambitieuse, avec beaucoup de personnages/de points de vue et de ramifications qui m'ont pas mal confuse par moments. Également, je trouve que certaines scènes frôlaient la surenchère et l'horrible et rendaient le roman peu crédible.
Les personnages constituent l’un des points forts du roman : profondément humains, développés et attachants, et de ce fait participent activement à la construction de l'intrigue. Joy, l'adjudante en charge de l'enquête, est l'un des piliers du roman. Profondément humaine, empathique, fragilisée par le fait qu'elle soit enceinte, cela n'empêche pas d'être présente durant toute l'enquête et cela créée un équilibre intéressant.
Les personnages de Charlie/Eleanor et Manon m'ont beaucoup touchée. Charlie et Manon sont deux personnages qui marquent durablement la lecture, toutes deux construites autour du trouble dissociatif de l’identité (TDI). Fragiles, instables et bouleversantes, elles fascinent par la complexité de leur trouble, dû aux traumatismes répétés durant l'enfance.
Dense, sombre et éprouvant, Si je serais grande est une lecture marquante et c'est avec plaisir que je découvrirais le tome suivant, intitulé Jusqu'à l'amor.
À propos du livre
Auteurice : Angelina Delcroix
Maison d'édition : Nouvelles plumes
Nombre de pages : 340 pages
Genre : Thriller psychologique
Maison d'édition : Nouvelles plumes
Nombre de pages : 340 pages
Genre : Thriller psychologique

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