BlaBlaBooks #24 - Partenariats littéraires : qui mérite vraiment sa place ?

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Chaque année, c'est presque devenu une tradition sur Bookstagram et BookTok : la saison des partenariats littéraires arrive... et les débats qui vont avec aussi ! Entre les critères demandés par les maisons d'édition, l'attente des résultats et l'annonce des heureux élus, il suffit parfois d'un petit grain de poussière pour que ce qui est censé être un moment de joie pour les nouveaux partenaires deviennent LE drama récurrent. 

À chaque nouvelle annonce, les mêmes remarques reviennent et chacun y va de sa critique quant au choix des maisons d'éditions. Mais derrière les déceptions (et parfois les dramas), on oublie peut-être une chose : qu'est-ce qu'un partenariat littéraire et surtout, qu'est-ce qui fait réellement un bon partenaire pour une maison d'édition ?

Un service presse (SP) est un livre envoyé "gratuitement" par une maison d'édition (ME) à un(e) lecteurice pour qu'il puisse le découvrir et partager son avis sur ses réseaux. Il peut être proposé lors d'un appel à chroniqueurs, demandé via une plateforme comme NetGalley ou reçu dans le cadre d'un partenariat annuel. Dans ce dernier cas, le/la partenaire peut généralement choisir plusieurs nouveautés au fil des mois.

Mais qui dit gratuit ne dit pas sans contrepartie. Derrière chaque livre reçu, il faut le lire, le chroniquer dans les délais demandés par la ME, créer du contenu et partager son avis avec sa communauté. Et si recevoir un livre de notre wishlist (parfois accompagné de quelques goodies) fait forcément plaisir, le partenariat reste une collaboration non rémunérée : la ME offre un livre et, en échange, le/la partenaire lui apporte du temps, du contenu et de la visibilité. Un livre = une mise en avant, en quelque sorte.

Évidemment, les ME ne disposent pas d'un nombre illimité de SP, puisqu'ils doivent être répartis entre libraires, presse, partenaires, demandes ponctuelles ou encore concours. J'ai moi-même déjà essuyé un refus simplement parce que le quota d'exemplaires prévu pour la promotion avait été atteint. Alors pour un partenariat annuel, il faut forcément sélectionner, que ça plaise ou non : affinité avec le catalogue, réseaux utilisés, contenu... et bien sûr, nombre d'abonnés.

Et c'est probablement LE critère qui fait le plus parler. Autant dire qu'avec mes 435 abonnés Instagram, ma candidature est mal barrée. Est-ce que ça m'empêche de postuler ? Absolument pas car sur un malentendu, ça peut marcher. Et en soi, je comprends les minimum d'abonnés imposés : qui dit plus d'abonnés dit plus de visibilité... Tout du moins sur le papier.

Je vais prendre mon exemple : mes 435 abonnés n'empêchent pas mes contenus Instagram de cumuler plus de 20 000 vues par mois, sachant que ce n'est qu'une partie de mon audience. Mon blog existe depuis dix ans, cumule autour de 350 000 vues et en a gagné 50 000 supplémentaires ces six derniers mois. Alors forcément, se baser uniquement sur mes abonnés Instagram, c'est avoir une vision tronquée de mon audience. Et je suis sûrement loin d'être une exception : à l'heure où beaucoup cumulent plusieurs plateformes, est-ce que le nombre d'abonnés suffit encore à mesurer la véritable portée d'un partenaire ?

Parce qu'au fond, avoir une grosse communauté ne garantit pas forcément un bon partenariat. Qu'on ait 500 comme 10 000 abonnés, ce qui compte c'est d'aimer réellement la ME que l'on représente, de respecter ses engagements et surtout de lire et parler des livres que l'on reçoit.

Et soyons honnêtes, recevoir des livres gratuitement fait aussi partie des avantages. Mais quand certains SP et/ou leurs goodies se retrouvent sur Vinted à des prix parfois exorbitants à peine reçus, difficile de ne pas se demander où est passé le principe même du partenariat. Surtout que sur Bookstagram et BookTok, le téléphone arabe fonctionne plutôt bien et ce genre de choses finit généralement par se savoir. Mais de là à aller scruter chaque compte sélectionné pour savoir pourquoi lui et pas un autre, voire harceler la ME en affirmant qu'untel ne mérite pas son partenariat ou qu'il y a eu du favoritisme...

Les ME ne tirent pas des noms au pif : derrière les résultats, il y a eu des centaines voir milliers candidatures à lire et tout autant de comptes à regarder. Peut-être que c'est la façon de mettre les livres en valeur, la plume de la personne ou simplement son univers qui correspondait à ce que recherchait la ME. On n'était pas dans la pièce au moment de la sélection, on ne sait pas ce qui a fait pencher la balance et, surtout, on ne le saura jamais.

Alors oui, quand les résultats tombent, on peut être déçu, râler un bon coup ou se demander ce que notre candidature avait de moins que les autres. Mais parfois, il n'y a peut-être rien de plus à comprendre qu'un simple : cette fois-ci, ce n'était pas pour nous.

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